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Internet c'est quoi ???

Posté le 23.05.2007 par sabah1988
Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessible au public des services comme le courrier électronique et le World Wide Web. Ses utilisateurs sont désignés par le néologisme « internaute ». Techniquement, Internet se définit comme le réseau public mondial utilisant le protocole de communication IP (Internet Protocol).
Internet ayant été popularisé par l'apparition du World Wide Web, les deux sont parfois confondus par le public non averti. En réalité, le Web est une des applications d'Internet, comme le sont le courrier électronique, la messagerie instantanée et les systèmes de partage de fichiers poste à poste.
Par ailleurs, du point de vue de la confidentialité des communications, il importe de distinguer Internet des intranets, les réseaux privés au sein des entreprises, administrations, etc., et des extranets, interconnexions d'intranets pouvant emprunter Internet.
Terminologie
Le terme est d'origine américaine. Sa première utilisation documentée remonte à octobre 1972 par Robert E. Kahn au cours de la première ICCC (International Conference on Computer Communications) à Washington.
Au cours de l'histoire de la création d'Internet, on trouve différents noms qui sont parfois considérés comme ancêtres du terme Internet : internetting, interconnected networks, internetworking, internetwork, international inter-connected networks, Inter Net, inter-net, International Network. Toutefois les origines exactes du terme Internet restent à déterminer. Ce flou a favorisé l'apparition de multiples explications faisant office d'origine. Aujourd'hui ceux qui prétendent détenir la véritable origine du terme sont légion (un exemple courant est de dire qu'Internet est un mot-valise pour interconnected networks). Toutefois on sait que c'est le 1er janvier 1983 que le nom Internet, déjà en usage pour désigner l'ensemble d'ARPANET et des réseaux, est devenu officiel.
La définition de ce qu'est Internet n'est pas évidente à expliciter de manière précise sans entrer dans les détails techniques, ce qui tend à une vulgarisation de la définition et facilite les confusions et imprécisions en français. Une des confusions les plus courantes porte sur le Net (en français « réseau ») et le Web (en français « toile » dans le sens « toile d'araignée »). En réaction à l'importance croissante du « phénomène Internet » et la prolifération de termes relatifs à ce phénomène dans le langage, il y a eu diverses publications au Journal officiel de la République française. L'une d'elle indique qu'il faut utiliser le mot Internet comme un nom commun, c'est-à-dire sans majuscule. L'Académie française recommande de dire « l'internet », comme on dit souvent « le web ».
En anglais, on utilise un article défini et une majuscule pour parler d'Internet. Cet usage vient du fait qu'Internet est de loin le plus étendu (mondial) et le plus grand internet du monde. Un internet (avec un i minuscule) est un terme anglais utilisé pour désigner une interconnexion de réseaux informatiques par internetworking (un interréseau ou un internet).
L'usage courant fait référence à Internet de différentes manières. Outre les recommandations officielles, il n'est pas rare de rencontrer les termes suivants : « le Net » ou « le net », « Internet », « l'Internet », « le réseau des réseaux » ou plus simplement « le réseau » ou « le Réseau » décliné parfois en « Le réseau ». Certains termes sont utilisés à tort pour faire référence à Internet, par exemple : « la Toile », « le web » ou « le Web » (the Web en anglais), mais cela désigne la Toile et non pas Internet. Cette confusion entre web et net existe aussi en anglais.
• Internet a été conçu pour relier des réseaux informatiques hétéroclites sur des distances intercontinentales : universitaires, d'entreprises, gouvernementaux, nationaux, etc., qui peuvent eux-mêmes relier des sous-réseaux et finalement des ordinateurs.
Historique
Les mémos que J.C.R. Licklider du Massachusetts Institute of Technology (MIT) écrivit en août 1962 sont les plus anciens textes décrivant les interactions sociales qui seraient possibles avec un réseau d'ordinateurs. Cela devait notamment faciliter les communications entre chercheurs du Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). En octobre 1962, Licklider fut le premier chef du programme de recherche en informatique du DARPA. Il persuada ses successeurs Ivan Sutherland, Bob Taylor et le chercheur du MIT Lawrence G. Roberts de l'intérêt des réseaux informatiques.
En 1961, Leonard Kleinrock du MIT avait publié le premier texte théorique sur les télécommunications par paquets et en 1964 il publia le premier livre sur le sujet.
En 1965, Roberts testa avec Thomas Merrill la première connexion informatique à longue distance, entre le Massachusetts et la Californie. Le résultat montra que des ordinateurs pouvaient travailler ensemble à distance, mais que le mode de télécommunication par établissement de circuit du système téléphonique était inadapté. Le concept de communication par paquets de Kleinrock s'imposa.
En 1966, Roberts fut engagé par Taylor au DARPA pour concevoir l'ARPANET. Il publia les plans en 1967. En présentant ce texte, il découvrit deux autres groupes de chercheurs travaillant indépendamment sur le même sujet : un groupe du National Physical Laboratory (NPL) du Royaume-Uni avec Donald Davies et Roger Scantlebury, et un groupe de la RAND Corporation avec Paul Baran.
Entre 1962 et 1965, le groupe de la RAND avait étudié la transmission par paquets pour l'armée américaine. Le but était de pouvoir maintenir les télécommunications en cas d'attaque (éventuellement atomique), ce que permet une transmission par paquets dans un réseau non centralisé. Il s'agissait d'un développement indépendant d'ARPANET : bien que probablement robuste face à une telle attaque, ARPANET n'a pourtant été conçu que pour faciliter les télécommunications entre chercheurs. Le rapport de Paul Baran est resté purement théorique, et est rapidement tombé dans l'oubli. Mais le mythe d'« ARPANET comme dernier rempart à une attaque atomique » trouve là son origine.
Pendant ce temps-là, au British National Physical Laboratory, l'équipe de Donald Davies avait progressé : NPL Network, le premier réseau maillé fondé sur la transmission de datagrammes (packets) était fonctionnel. Mais l'histoire d'Internet n'a pas été écrite par les Européens : ARPANET sera désormais l'origine officielle d'Internet.
En août 1968, le DARPA accepta de financer le développement du matériel de routage des paquets d'ARPANET. Ce développement fut confié en décembre à un groupe de la firme BBN (Bolt Beranek and Newman) de Boston. Ce dernier travailla avec Robert E. Kahn (Bob Kahn) sur l'architecture du réseau. Roberts améliorait les aspects topologiques et économiques du réseau. Kleinrock préparait des systèmes de mesure du réseau.
En septembre 1969, BBN installa le premier équipement à l'université de Californie (UCLA) où travaillait Kleinrock. Le second nœud du réseau fut installé au Stanford Research Institute (SRI) où travaillait Doug Engelbart sur un projet d'hypertexte. Deux nœuds supplémentaires furent ajoutés avec l'université de Santa Barbara et l'université de l'Utah. Fin 1969, ARPANET comptait donc quatre nœuds.
Le Network Working Group (NWG) conduit par Steve Crocker finit le protocole de communication poste à poste NCP en décembre 1970. Ce protocole fut adopté entre 1971 et 1972 par les sites branchés à ARPANET. Ceci permit le développement d'applications par les utilisateurs du réseau.
En 1972, Ray Tomlinson mit au point la première application importante : le courrier électronique. En octobre 1972, Kahn organisa la première démonstration à grande échelle d'ARPANET à l'International Computer Communication Conference (ICCC). C'était la première démonstration publique.
Le concept d'Internet est né d'ARPANET. L'idée était de permettre la connexion entre des réseaux divers : ARPANET, des communications avec les satellites, des communications par radio. Cette idée fut introduite par Kahn en 1972 sous le nom de Internetting. Le protocole NCP d'ARPANET ne permettait pas d'adresser des hôtes hors d'ARPANET ni de corriger d'éventuelles erreurs de transmission. Kahn décida donc de développer un nouveau protocole, qui devint finalement TCP/IP.
En parallèle, un projet inspiré par ARPANET était dirigé en France par Louis Pouzin : le projet Cyclades. De nombreuses propriétés de TCP/IP ont ainsi été développées, plus tôt, pour Cyclades. Pouzin et Kahn indiquent que TCP/IP a été inspiré par Cyclades.
En 1973, Kahn demanda à Vinton G. Cerf (Vint Cerf) (parfois appelé père d'Internet) de travailler avec lui, car Cerf connaissait les détails de mise en œuvre de NCP. Le premier document faisant référence à TCP est écrit en 1973 par Cerf : A Partial Specification of an International Transmission Protocol. La première spécification formelle de TCP date de décembre 1974, c'est le RFC 675.
La version initiale de TCP ne permettait que la communication en établissant un circuit virtuel. Cela fonctionnait bien pour le transfert de fichiers ou le travail à distance, mais n'était pas adapté à des applications comme la téléphonie par Internet. TCP fut donc séparé de IP et UDP proposé pour les transmissions sans établissement d'un circuit.
À la fin des années 1980, la NSF (National Science Foundation) qui dépend de l'administration américaine, met en place cinq centres informatiques surpuissants, auxquels les utilisateurs pouvaient se connecter, quel que soit le lieu où ils se trouvaient aux États-Unis : ARPAnet devenait ainsi accessible sur une plus grande échelle. Le système rencontra un franc succès et, après la mise à niveau importante (matériels et lignes) à la fin des années 1980, s'ouvrit au trafic commercial au début des années 1990. Le début des années 1990 marque, en fait, la naissance d'Internet tel que nous le connaissons aujourd'hui : le réseau reliant tous ces réseaux parlant le même langage, connu sous le nom de norme TCP/IP (Transmission Control Protocol/ Internet Protocol) qui permet à des ordinateurs différents de communiquer aisément entre eux.
Utilisations d'internet
Parmi les premières utilisations d'Internet, on trouve :
• le courrier électronique (développé durant les années 1960 et 1970) ;
• la commande d'ordinateur à distance (TELNET, développé à partir de 1969, RFC 15)
• les forums de discussion Usenet (inventé en 1979) ;
• le transfert de fichiers par File Transfer Protocol (FTP), RFC 765, juin 1980.
L'apparition du World Wide Web au début des années 1990 marque le tournant grand public d'Internet. Le Web est particulièrement utilisé pour :
• diffuser des informations sur un site Web ;
• rechercher des informations dans un annuaire Web ou avec un moteur de recherche ;
• faire du commerce en ligne.
Parmi les dernières utilisations, on peut citer :
• le partage grand public des fichiers informatiques avec les réseaux peer-to-peer ;
• le jeu en ligne massivement multijoueur ;
• le calcul partagé pour la recherche de pointe.
Dans tous les cas, Internet permet la communication entre les ordinateurs et par leur intermédiaire, entre les hommes.
Gouvernance
Selon la définition du groupe de travail sur la gouvernance d'internet, il faut entendre par « gouvernance de l’Internet » l’élaboration et l’application par les États, le secteur privé et la société civile, dans le cadre de leurs rôles respectifs, de principes, normes, règles, procédures de prise de décisions et programmes communs propres à modeler l’évolution et l’usage de l’Internet.
Il faut noter l'importance des registres de métadonnées dans l'établissement de règles d'accès aux ressources Web qui utilisent les Uniform Resource Identifier (qui peuvent être les URL qui s'affichent sur la barre de navigation de l'ordinateur personnel).
Le rapport du Groupe de travail sur la gouvernance de l’Internet donne un ensemble de recommandations sur la gouvernance d'internet.
Un certain nombre d'organismes sont chargés de la gestion d'Internet, avec des attributions spécifiques. Ils participent à l'élaboration des standards techniques, l'attribution des noms de domaines, des adresses IP, etc. :
• ICANN, sous la tutelle du ministère du Commerce américain ;
• IETF ;
• ISOC.
Dans un but de maintenir ou d'élargir la neutralité des réseaux, mais aussi d'engager les diverses parties globales dans un dialogue sur le sujet de la gouvernance, les Nations unies ont convoqué :
• SMSI ;
• Forum sur la gouvernance de l’Internet.
Technique
Internet est composé d'une multitude de réseaux répartis dans le monde entier. Chaque réseau est rattaché à une entité propre (université, fournisseur d'accès à Internet, armée) et se voit attribué un identifiant unique appelé Autonomous System (AS). Afin de pouvoir communiquer entre eux, les réseaux s'échangent des données, soit en établissant une liaison directe, soit en se rattachant à un nœud d'échange (point de peering).
Chaque réseau est donc connecté à plusieurs autres réseaux. Lorsqu'une communication doit s'établir entre deux ordinateurs appartenant à des AS différents, il faut alors déterminer le chemin à effectuer parmi les réseaux. Aucun élément d'Internet ne connaît le réseau dans son ensemble, les données sont simplement redirigées vers un autre nœud selon des règles de routage. Environ 50 % du trafic mondial d’Internet passe par l'État de Virginie.
Requis
Faire partie d'Internet, en tant que réseau de réseaux (que l'on appelle toile), nécessite d'être connecté à un réseau IP. Pour le grand public, du matériel et des logiciels sont nécessaires :
• un ordinateur
• Canal de communication :
o lignes téléphoniques :
 analogiques : RTC, xDSL
 numériques : RNIS
o fibre optique
o câble
o satellite
• Fournisseur d'accès à Internet (FAI) (en anglais ISP pour Internet Service Provider)
• Client pour le protocole réseau utilisé (PPP, PPPoX, Ethernet, ATM, etc.)
D'autres logiciels sont eux nécessaires pour exploiter Internet suivant les usages.
• World Wide Web : un navigateur Web
• Messagerie électronique : un client SMTP et POP(POP3) ou IMAP / IMAP4
• Transferts de fichiers : un client ou un serveur FTP (File Transfert Protocol)
D'autres encore assurent la sécurité, par exemple :
• Pare-feu
Protocoles
Internet fonctionne suivant un modèle en couches, calqué sur le modèle OSI. Les éléments appartenant aux mêmes couches utilisent un protocole de communication pour s'échanger des informations.
Un protocole est un ensemble de règles qui définissent un langage afin de faire communiquer plusieurs ordinateurs. Ils sont définis par des normes ouvertes, les RFC.
Chaque protocole a des indications particulières et, ensemble, ils fournissent un éventail de moyens permettant de répondre à la multiplicité et à la diversité des besoins sur Internet.
Les principaux sont les suivants :
• IP (Internet Protocol) : protocole réseau qui définit le mode d'échange élémentaire entre les ordinateurs participant au réseau en leur donnant une adresse unique sur le réseau.
o TCP : responsable de l'établissement de la connexion et du contrôle de la transmission. C'est un protocole de remise fiable. Il s'assure que le destinataire a bien reçu les données, au contraire d'UDP.
 HTTP (HyperText Transfer Protocol) : protocole mis en œuvre pour le chargement des pages Web.
 HTTPS : pendant du HTTP pour la navigation en mode sécurisé.
 FTP (File Transfer Protocol) : protocole utilisé pour le transfert de fichiers sur Internet.
 SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) : mode d'échange du courrier électronique en envoi.
 POP3 (Post Office Protocol version 3) : mode d'échange du courrier électronique en réception.
 IMAP (Internet Message Access Protocol) : un autre mode d'échange de courrier électronique.
 IRC (Internet Relay Chat) : protocole de discussion instantanée.
 NNTP (Network News Transfert Protocol) : protocole de transfert de message utilisé par les forums de discussion Usenet
 SSL ou TLS : protocoles de transaction sécurisée, utilisés notamment pour le paiement sécurisé.
 P2P (Peer to Peer) : mode d'échange de fichiers
o UDP : permet de communiquer, de façon non fiable mais légère, par petits datagrammes.
 DNS (Domain Name System) : système de résolution de noms Internet.
o ICMP (Internet Control Message Protocol) : protocole de contrôle du protocole IP.
Indépendamment du transfert entre deux points, quelques protocoles sont nécessaires aussi pour que les passerelles puissent s'échanger des informations de routage. Ce sont Interior Gateway Protocol (IGP), Exterior Gateway Protocol (EGP) et Border Gateway Protocol (BGP).

La Toile comme utopie
La Toile (le World Wide Web en anglais) est sans doute la dernière utopie après la chute du communisme et partage toutes les caractéristiques propres aux utopies effectivement mises en place. D’une part la Toile se base sur des principes abstraits et elle est guidée par un certain idéalisme mais d’autre part les intérêts privés ont tendance à reprendre le dessus et à combattre les principes d’origines.
La Toile est guidée par un certain idéalisme basique. Celui qu’on peut considérer comme l’inventeur de la Toile, le britannique Sir Tim Berners-Lee, inventeur du premier navigateur, du protocole d’écriture HTTP et président du World Wide Web Consortium a en effet abandonné tous ses droits afin de permettre la rapide diffusion du protocole HTTP et de l’idée de Toile en général. En outre, il a toujours insisté sur l’idée que la Toile devait être un système non hiérarchisé où les liens se font directement par hypertexte et non par un nœud centralisant les informations. La Toile quelque part permet même la réalisation d’un vieux rêve de réorganisation de l’information selon non plus des modèles linéaires mais par hypertexte exposé pour la première fois par Vannevar Bush. Mais la Toile est aussi déterminée par d’importants intérêts privés venant du fait que l’informatique privée se développe extrêmement rapidement. La multiplication de sites commerciaux en est déjà un signe. Mais il faut bien voir que certaines entreprises ont quasiment tenté de dominer la Toile.
Toute analyse de la Toile se trouve donc au carrefour de plusieurs niveaux de lectures et d’analyse : économie, informatique, sociologie, technologie. Mais le concept-clé pour le définir reste celui d’utopie appliquée.

la science du texte litteraire

Posté le 23.05.2007 par sabah1988
Analyser le texte littéraire
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Le recours au texte littéraire est une pratique classique de la classe de français. S’interroger sur les raisons d’être de l’analyse du texte littéraire et sur les manières de procéder permet de redécouvrir la richesse de cet exercice.






Les observations sur la forme contribuent à reconstruire le sens.
Le texte littéraire, un modèle pour enseigner la langue.


Le texte littéraire est sollicité pour le travail des différentes compétences en français langue seconde, voire en français langue étrangère. Cependant, son exploitation peut laisser le formateur sceptique, car elle propose le plus souvent des activités de lecture limitées à la compréhension du sens ou des activités d’écriture ludiques qui ne répondent pas directement à la visée de formation en FLS. Dès lors, il est utile de rappeler l’intérêt d’une lecture explicative de la forme et du sens littéraires conjoints, sans laquelle le plaisir reste réduit et peu communicable.
La formation continue des enseignants de FLS peut viser le renforcement de leur capacité à analyser le fonctionnement interne d’un texte littéraire, sa « ‘mécanique » linguistique et stylistique. Pour les élèves, cette perspective sert la découverte du monde francophone, l’acquisition de méthodes d’observation et d’interprétation préparant à de futures études scientifiques et « l’accès au plaisir (intellectuel, esthétique, etc.) du texte »1. Elle peut être suivie sans crainte à tous les niveaux, texte et démarche étant adaptés au public. Pour les enseignants, il s’agit de développer un savoir-faire technique sur lequel appuyer leur savoir-faire didactique. À quoi sert-il de repérer des figures de style, de lister des champs lexicaux, d’identifier un type de vers, d’étudier les marques d’énonciation, etc. ?
Les observations sur sa forme contribuent à reconstruire le sens du texte littéraire. Soit, mais de quelles façons procéder concrètement ? Et dans quels buts précisément ?

L’analyse littéraire : oui, mais pourquoi ?

L’intérêt d’exploiter les textes littéraires et en particulier d’expliquer leur fonctionnement interne est multiple. Les motivations qui animent l’enseignant et les objectifs de sa mission peuvent s’entrecroiser autour des cinq axes suivants.

Poursuivre les objectifs définis.
L’exploitation des textes littéraires dans l’apprentissage du FLS/FLE est préconisée par les revues et ouvrages spécialisés. Cette recommandation apparaît également dans les instructions, programmes et manuels. Qu’il s’agisse de répondre à des besoins linguistiques, culturels, intellectuels ou esthétiques, les textes littéraires sont à part entière des supports de l’enseignement/apprentissage du FLS/FLE.
Selon les objectifs fixés et en lien avec la finalité des cursus, des activités d’analyse de textes littéraires peuvent être proposées. L’enseignant y amène les apprenants à exprimer avec pertinence ce qu’ils observent ou ressentent, d’eux-mêmes ou le plus souvent grâce à son questionnement. En veillant à « laisser tomber » les remarques insuffisamment perçues plutôt qu’à les « imposer », il vise à développer activement le sens de la langue et du style, non à faire accepter passivement de simples connaissances.

Acquérir des méthodes de travail.
Les activités d’analyse littéraire offrent aussi des occasions riches de mettre en œuvre des méthodes de travail : outils tels que plan et tableau, formulation du sens, stratégies d’enquêtes, démarche épistémologique. Les capacités ainsi développées seront de première utilité dans les études supérieures, voire dans le milieu professionnel, et relèvent directement de l’enseignement du FLS.

]Initier à la démarche scientifique.
L’accès au sens des textes littéraires est parfois estimé difficile. En outre, leur étude ne sert pas les besoins immédiats de communication. Ce jugement est compréhensible de la part d’enseignants formés initialement au FLE et c’est pourquoi leur formation continue doit prendre en compte les spécificités du FLS. Son enseignement vise notamment à développer en français la capacité d’observer, interpréter et construire une cohérence. L’analyse d’un texte littéraire est en soi une recherche de sens et n’est pas sans rapport avec le schéma Oheric, qui « fonde encore actuellement la démarche d’exposition d’un cours de sciences expérimentales »2. Parce que son sens est plus complexe, le texte littéraire offre la possibilité de ce jeu entre l’examen, l’hypothèse et la compréhension. Dans cette perspective, l’explication stylistique, toujours adaptée au public, est un exercice qui peut initier de futurs universitaires à une disposition d’esprit scientifique.

Sensibiliser à l’interculturel.
Si un prolongement de l’analyse situe les observations dans leur contexte socio-culturel, elle favorise l’ouverture sur la culture francophone. Plus généralement, elle ouvre sur une vision du monde et des relations multiculturelles empreintes de compréhension. L’analyse de textes littéraires permet ainsi de découvrir d’autres cultures d’un point de vue interne et complète l’approche réalisée avec des textes non littéraires.

Développer le goût esthétique.
Cette élaboration progressive d’une cohérence nourrie est en lien direct avec le développement du goût esthétique. En général, le texte littéraire est lu pour le plaisir, puis l’effort de compréhension permet de revenir à un plaisir augmenté, à la manière de Montaigne tout heureux de se réveiller pour comprendre qu’il dort et mieux goûter son sommeil en se rendormant. L’analyse littéraire veut ainsi être pour l’apprenant un échafaudage qui lui permette d’accéder à un plus grand plaisir devant l’art de l’auteur.

L’analyse littéraire : oui, mais comment ?

Les objectifs pédagogiques étant ainsi connus et reconnus, il reste à l’enseignant à renforcer sa maîtrise technique de l’analyse littéraire. Pour y tendre, il pourra garder à l’esprit et traduire dans une pratique accrue les dix postulats suivants.

Étudier indépendamment du contexte.
L’analyse évite le recours à l’histoire littéraire, source d’a priori. Sentimentalité, solitude, brins d’herbe sont parfois mobilisés pour confirmer le romantisme des « quatre grands » : Hugo, Lamartine, Musset ou Vigny. Cette démarche est contestable, car elle part d’un idéal de lecture. L’analyse ne se prive pas totalement du contexte, sans quoi tel élément culturel inconnu constituerait un obstacle, un tour archaïque par exemple ou un double sens. Mais sa prise en compte doit être strictement nécessaire à la compréhension interne du texte. Cette compréhension permettra d’asseoir ensuite, dans une autre partie du cours, la connaissance de l’auteur et du contexte culturel.

Voir le texte comme une construction.
L’analyste reconnaît la valeur littéraire d’un texte à sa construction, au tressage des mots et des sens. Ainsi le poème inconsciemment projeté par Henri Michaux l’est-il encore à partir de sa trame intérieure et répond-il à une technique sûre. « L’écrivain l’a-t-il fait exprès ? » demande un élève. Auteur et lecteur sont guidés par leur sens de la langue et de la littérature ; la qualité d’écriture ou de lecture est reconnue à chacun.

Être conscient de son projet de lecture.
L’analyste doit adopter une largeur de vue qui sert la compréhension. Puis l’essentiel sera de décrire comment la lecture a mis en branle les ressources du texte. Enfin, rendre au texte sa cohérence donne sens à l’activité : par une synthèse, les apprenants s’approprient leurs découvertes. Car, si écrire est construire, lire est comprendre une construction. Une lecture analytique demande ainsi d’ouvrir son esprit, comprendre et synthétiser. Cette démarche à partir d’indices à découvrir et organiser est une véritable enquête dans le texte, à mener toujours au niveau du public.

S’appuyer sur les subjectivités.
Alliée à la rigueur, la subjectivité a un rôle majeur. La sensibilité de chacun est singulière, mais elle est le point de départ qui permet, par exemple, de percevoir dénotations et connotations. Le travail est aussi personnel par la sélection et la formulation des remarques, puis les subjectivités nourrissent encore celle que chaque classe détient en propre. L’analyse place ainsi chaque lecteur à l’épicentre de son acte de lecture.

Convenir d’un sens global.
Nonobstant une polysémie agissante à plusieurs niveaux du texte, l’analyse recherche d’abord un « sens premier ». Dans le poème « Toi qui pâlis au nom de Vancouver », de Marcel Thiry, la classe s’accordera à voir l’idéalisation d’un souvenir heureux. La pratique de l’analyse littéraire en classe est cette négociation active d’un sens global, qui soit le dénominateur commun des lectures personnelles.

Procéder avec méthode.
Deux méthodes sont en usage dans les classes : la lecture linéaire, bien distincte de l’explication traditionnelle, et la lecture axiale, parfois appelée sans précision « lecture méthodique » L’approche linéaire considère d’abord le caractère discursif du langage et, dans le texte, « un sens en devenir, qu’on ne peut synthétiser qu’en suivant le dynamisme propre à ce texte ». Préconisée pour des textes courts, elle vise la recomposition progressive et raisonnée du sens. Par exemple, pour décrire la ville de Thiès qui ouvre Les bouts de bois de Dieu, Sembène Ousmane pratique un zoom. Une lecture linéaire ferait mieux ressentir, étape par étape, cette construction. L’approche axiale opte pour des « axes de lecture » autour desquels regrouper les observations formulées à l’aide d’« outils d’analyse »5. Délimitant mieux le projet de lecture, elle accélère la reconstruction du sens global et convient pour des textes de longueur variée. Mais axes et instruments sont en général indiqués par l’enseignant, car leur désignation exige une compréhension préalable du texte. Par exemple, pour la chanson populaire vietnamienne « Je vous aime premièrement… », traduite en français par Huu Ngoc et Alice Kahn, une lecture axiale pourrait concentrer les remarques sur l’image de l’aimée, puis sur le rythme du chant. Les deux approches peuvent être combinées. L’enseignant fait alors vivre le dynamisme du texte tout en ciblant le projet de lecture. Par exemple, lors de l’explication de la saynète Le petit malade, de Georges Courteline, on étudierait respectivement les personnages de la mère et du médecin en observant chacun au fil du texte. Quelle que soit sa démarche, il revient à l’enseignant de la clarifier et de l’adapter au niveau de la classe, au temps imparti, aux objectifs et prolongements.

Circonscrire la paraphrase.
La paraphrase ou reformulation de passages du texte prouve la compréhension du sens alors que l’analyse vise celle du fonctionnement du texte, de la « mécanique » de ses moyens et effets. Admise au besoin, la paraphrase doit toujours être brève et mener à une analyse technique.

Lier la forme et le fond.
Repérés, moyens et effets du texte sont encore à relier. Toutefois, le sens reste prioritaire et les remarques sur les outils (figures, sonorités, rythmes, rimes, aspects morphologiques, types de phrase…) ne sont prises en compte que si elles ont un rôle dans la reconstruction du sens. L’analyse rend compte ainsi d’une « mécanique ». Avec l’enseignant, la classe se penche sur le moteur du texte : les procédés sont les pièces ; les impressions du lecteur en sont les mouvements. Scrutant et démontant la machine, chacun s’interroge : « Quel moyen ai-je constaté et quel effet produit-il ? » ou, à l’inverse, « Quel effet ai-je ressenti et quel moyen le produit ? » À terme, par une synthèse cohérente, ils n’oublieront pas de remonter la machine.

S’exprimer avec rigueur.
L’expression doit cerner les moyens et effets du texte avec pertinence. Le vocabulaire notamment doit être accessible. Le terme technique peut remplacer une longue périphrase, mais l’explication d’un procédé plutôt que sa dénomination savante sera toujours préférée. Il s’agit de former à penser avec exactitude et sobriété. Autrement dit, l’acquisition d’un métalangage pour l’analyse littéraire est soumise à son efficacité.

Faire preuve de modération.
L’analyste sait sa méthode limitée par ses choix théoriques. Il aborde le texte sans idée préconçue. Il est attentif à percevoir l’œuvre globalement sans rester en surface et à la détailler sans la disloquer. Il s’exprime avec simplicité. Sa mesure lui assure une connaissance élargie, un plus grand discernement et un plaisir renouvelé.

Document authentique donnant du langage en situation, le texte littéraire est un modèle pour l’enseignement de la langue (besoins linguistiques), il est représentatif d’une société donnée et ouvre sur l’interculturalité (besoins culturels), il entraîne à une réflexion sur le langage et diversifie les expériences de lecture (besoins intellectuels) et il exerce l’affectivité et l’émotion (besoins esthétiques). Tout cela convenu, est-il aisé d’expliquer un texte littéraire dans la pratique ? Pour la compréhension écrite, l’analyse semble la voie d’apprentissage qui rende le mieux compte de la spécificité du texte littéraire. Elle fait découvrir comment le texte mobilise un arsenal de moyens, procédés, figures pour produire un réseau d’effets, impressions, sens, et comment cette construction peut toucher les sensibilités. L’intérêt pour l’auteur et le contexte sera une seconde démarche, ouvrant sur la culture francophone et se fondant solidement sur l’analyse intime de textes.
Une telle analyse est parfois réputée malaisée. Il serait pourtant dommage de détourner les publics de FLS de ses apports spécifiques. Si la formation des enseignants y prépare et que textes et activités soient adaptés aux apprenants, chacun trouvera la récompense d’une compréhension affinée et d’un apprentissage accru, d’un plaisir double aussi qui préserve l’émotion en même temps qu’il s’enrichit de sa conscience : « Expliquer, comprendre ne rompent pas le charme du réel. »

la science du langage

Posté le 23.05.2007 par sabah1988
Bref aperçu historique
La linguistique moderne est saussurienne, structuraliste. Jusque-là et aussi loin que remonte l’activité humaine, on a trace d’une réflexion sur le langage.
cf. LEROY-GOURHAN André (paléontologue) > corrélation des rapports entre la fabrication d’objets en série et la formulation de l’hypothèse que la fabrication en série suppose une formalisation de l’acte de fabrication (qui se détache de l’"agir" lui-même). Corrélation avec e développement de la boîte cranienne, du passage à la station debout (fabrication d’outils = libération des mains de leur fonction de marche).
Tout ceci atteste de l’ancienneté des moyens de communication.
Cf. l’école Néo-Darwinienne selon laquelle l’évolution humaine biologique serait terminée. Il y aurait maintenant une évolution sociale.
Aussi loin que l’on retrouve des documents et que l’on puisse relever des attestations d’activité humaine, on a eu une réflexion sur le langage.
Toute écriture suppose une analyse linguistique. Le domaine du langage est un domaine très ancien (certainement le plus ancien). Comme il sert à tout, le langage sert à tous : domaine religueux (faire du langage une réalité sacrée). Chacun voyant dans sa langue la langue de D ieu.
Les français, jusqu’au 17e siècle > philosophie, exercice de la raison cartésienne. Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal). (ARNAULD Antoine et LANCELOT Claude, Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal - 1660).
19e siècle > romantiques allemands > "Langue du Peuple". La langue était l’expression du génie du Peuple.
On usa de toutes sortes de fantaisies pour trouver des relations entre les langues et les religions...
Tradition orale : Homère (Illiade, Odyssée). Il y a eu une très grande variété de poèmes homériques.
La philologie étudiera les comparaisons, les recoupements entre les différentes versions écrites d’une oeuvre (Alexandrie).
Le langage est-il imitation (analogistes : onomatopées), ou convention (conventionnalistes) ?
L’Histoire sert à montrer le caractère relatif e nos connaissances sur les langues ; les langues sont marquées historiquement.
Pourquoi avoir attendu 30 siècles (jusqu’au XXe s.) pour construire une science du langage ? Cette science partait dans tous les sens, selon différents points de vue...
C’est au XXe siècle que les sciences finissent de s’émanciper de la philosophie (exemple : la psychologie). Cf. Saussure, à la fin de sa carrière : dégoûté de ce qu’est la linguistique qu’il faudra refondre totalement dans le but de transformer la linguistique en science.
Cette refondation passera par une exclusion de certains domaines de la linguistique (comme par exemple l’évolution de l’histoire des langues : impossible de s’occuper de tout çà ! Ces exclusions permettront de préciser les contours de la linguistique qui deviendra science.
Autre influence : l’unité linguistique du pays après la Révolution française. Une nation unique avec une langue unique.
Staline, dans les années 30/40, a trouvé dans la linguistique structurale saussurienne des arguments irréfutables pour bâtir sa politique soviétique...
Linguistique générale

Ferdinand de Saussure
La sémiologie est "englobante". Il s’agit d’une "science générale qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale" dit Saussure. Elle englobe également l’étude des signes linguistiques qui appartiennent à la liguistique.
Une nouvelle discipline naîtra : la linguistique générale et structurale. Le savoir linguistique servira à l’étude des faits sémiologiques. Elle "fait partie de" et, en même temps, "est le modèle de".
Le signe linguistique (signifiant/signifié) est de bout en bout sémiologique (symbolique = trait principal de la langue). La démarche sémiologique représente une coupure. Reconstitution du signe. Un sens du symbole : symbolisant/symbolisé. Arbitraire : rapport signifiant/signifié (signe linguistique).
sémiologie = étude du signe non linguistique (symbole) linguistique = étude du signe linguistique.
• Domaine de réalité : Première coupure sémiologique : les hommes ont créé un domaine de réalité où une chose vaut pour une autre chose (= définition du symbole) : la graphie "A" > se prononce [a] = une chose pour une autre. Dominer le réel, le maîtriser par le symbole.
Signe = nature double. C’est cette dualité qui fait le signe.
ARBITRAIRE : "A" ---------> [a] une chose pour une autre (caractère non fondé) [non motivé en analogie] > S I G N E (échappe toujours à la volonté individuelle)
ANALOGIE "Justice" ----> (dessin d’une balance) une chose pour une autre (caractère fondé) [motivé en analogie] > S Y M B O L E
La langue est un système de signes.
• Domaine des faits symboliques :
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>>> Objet du réel >>> Référent >>> Domaine du botaniste.
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"Arbre" >>> Un mot >>> Signe >>> Domaine du linguiste (univers symbolique).
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Le Signe est la base arbitraire liant le signifiant et le signifié.
Propriétés du signe linguistique
Le signifiant et le signifié constituent deux faces liées indissociablement. Quelques propriétés :
Propriétés du signe linguistique : Postulat de Saussure
L’arbitraire du signe - A l’intérieur d’un signe linguistique, le lien entre le signifiant et le signifié est de nature arbitraire (c’est à dire de nature conventionnelle). Au signifié « cheval » peuvent correspondre différents signifiants : [cheval ] (fr), [horse] (ang). Relève de l’apprentissage et d’une contrainte sociale permanente (rapport signifiant / signifié).
Linéarité du signifiant - Le signifiant, étant de nature auditive, se déroule dans le temps seul. La forme linguistique étant constituée d’une suite linéaire. (Syntaxe > ordre des mots parce que linéarité du signe linguistique).
Discretion - "Tout ou rien", il y a opposition totale entre les signes linguistiques (les unités s’opposent les unes aux autres. On passe d’un signe à l’autre : caractère oppositif.
Immutabilité - Bien qu’il soit soit arbitraire, personne ne peut changer le rapport entre signifiant et signifié.
Mutabilité - La langue évolue et dans son évolution, il peut y avoir un décalage qui se produit entre signifiant et signifié.
Quelques dichotomies saussuriennes :
Langue/Parole
Signifiant/Signifié
Synchronie/Diachronie
Sens/Valeur
Syntagme/Paradygme
Système/Nomenclature
Phonétique/Phonologie
Son/Phonème
Sémiologie/Linguistique
Variable/Invariable
(...)
(Saussure fut critiqué pour sa rigidité dans ses oppositions > deux aspects seulement). Ces dichotomies sont les marques de fabrique de la théorie structurale. Elles ont été les principales cibles de la sociolinguistique (avec Labov et d’autres, dès les années 70).
Pour Labov, la variation en synchronie est inhérente : elle transcende tous les autres facteurs de variation. Des possibilités de changements en diachronie > elle anticipe.
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Rappels :
l’approche dite diachronique s’intéresse à l’histoire de la langue et étudie ses évolutions (étymologie, évolutions phonétiques, sémantiques, lexicales, syntaxiques, etc.). Le terme est un emprunt savant construit sur des racines grecques, (dia-) « à travers », et (chronos) « temps » ; la linguistique comparée, par exemple, a une approche diachronique.
L’approche dite synchronique s’intéresse à une langue à un moment précis de son histoire ; le mot est aussi fabriqué à partir de deux termes du grec : (syn-), « avec », (chronos), « temps ».
La grammaire scolaire est pour l’essentiel synchronique : elle indique quelles sont les normes considérées comme des règles d’une langue, qui peuvent avoir changé depuis des états antérieurs.
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Remarques :
Le sens ne se transmet pas. Il est toujours à élaborer > transmission d’un message : comment sera-t-il perçu ? Compris ? Le sens est une élaboration conceptuelle.
Les dichotomies saussuriennes ont précisé ce qui entrait - ou non - dans le domaine de la linguistique. Ce qui impliqua des choix pouvant prendre à contre-pied la société, pour laquelle - par exemple - la langue écrite prévalait.
Or la langue est de nature orale dont tout système d’écriture se veut être une transcription.
L’écriture est son substitut.
Concepts de l’analyse structurale :
La commutation : permutation d’unités minimales (ex : ton/son/mon)
Paires minimales : opposition de deux mots qui ne se distinguent que par un seul phonème.
Unité minimale qui garde un sens : le monème
Unité minimale distinctive non significative : le phonème
Les concepts de l’analyse structurale couvrent tout le vocabulaire de la linguistique.
Une langue très différente de la notre est un miroir de notre propre langue. Ce que l’on voit dans une autre langue conduit à une meilleure observation de notre propre langue. (Plus largement : la connaissance d soi passe par la connaissance de l’autre). Le "familier", la "routine" sont autant d’obstacles à la connaissance.
Exemple : il n’y a pas de futur grammaticalisé dans une autre langue observée (mais seulement un futur lexical "demain je fais...") ? Cela nous indique que les temps tels que nous les connaissons n’ont rien d’une évidence.
Remarque : On peut noter un dépassement en raison de l’évolution de la société. Mais les bases restent les concepts de l’analyse structurale.

Définitions de la langue 1. André MARTINET :
Biographie (pour information) :
André Martinet est né en 1908 à Saint-Alban-des-Villard, petit village de Savoie. Fils d’instituteurs, il est confronté à la diversité des patois encore très vivants en milieu rural et, dès l’enfance, sensibilisé à la variété des usages langagiers. Agrégé d’anglais à 22 ans, docteur ès lettres (Sorbonne) à 29, il est le premier en France à occuper une direction d études de phonologie, créée pour lui à l’Ecole pratique des hautes études en 1938. De 1947 à 1955, Chef du Département de linguistique générale et comparée à Columbia University, N. Y, il tire de son enseignement la matière du présent ouvrage qui lui vaut une notoriété internationale. De retour en France en 1955, il occupe une chaire de linguistique générale à la Sorbonne et retrouve une direction d’études à l’EPHE, mais en linguistique structurale. C’est alors qu’il élabore sa théorie longuement mûrie de la double articulation linguistique, qui est au centre de ses Eléments de linguistique générale (Paris, Armand Colin, 1960), ouvrage qu’il révise de réédition en réédition, rendant ainsi compte des développements de sa théorie. Rédacteur en chef de la revue Word, New York, de 1947 à 1957, il a créé la revue La linguistique, dont il est resté directeur, ainsi que la Société internationale de Linguistique fonctionnelle, qui tient un colloque annuel, chaque fois dans un pays différent. En outre, André Martinet a été invité à présenter ses points de vue dans un grand nombre d’Universités à travers le monde. Il a reçu de nombreuses distinctions honorifiques et a été nommé docteur honoris causa de nombreuses universités.
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Le terme de fonctionnalistes désigne un ensemble de linguistes (dont le principal est A. Martinet) qui s’inscrivent dans la tradition saussurienne, en mettant l’accent sur la fonction de communication de la langue et en essayant de retrouver dans les énoncés les traces manifestes des différents « choix » effectués par le locuteur. (...) (Lire la suite > doc. pdf à télécharger de Michel Santacroce "Quelques aspects du fonctionnalisme " sur le site de Marges linguistiques)
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"Eléments de linguistique générale" (p. 23) : " La langue est un instrument de communication doublement articulé selon lequel l’expérience humaine s’analyse différemment dans chaque communauté en unités minimales significatives (monèmes) dites "unités minimales de première articulation", lesquelles se décomposent en unités minimales non significatives appelées phonèmes qui sont en nombres limités dans chaque langue".
Pour les fonctionnalistes (Martinet), une langue c’est une analyse d’expériences. Parler c’est analyser l’expérience (fonction sociale, affective, culturelle, conceptuelle...). La linguisqtique fonctionnelle "colle" à la réalité d’une langue, à son évolution.
Alors que pour les structuralistes (Saussure), il y a segmentation, découpage de la pensée, de la réalité. Une limite : l’analyse structuraliste tend à laisser de côté l’histoire de l’homme et à vider l’action humaine de son individualité.
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[A propos] - Martinet a travaillé avec Otto Jespersen (1860-1943), linguiste danois qui revient sur l’"arbitraire" saussurien en mettant en avant les onomatopées comme base du signe, du lexique.
Théorie « la-la » (variante : théorie « ding-dong », « ding-dong theory ») : La première langue de l’humanité aurait été comparable au babil enfantin, pure expression d’un jeu rendu possible par la position du larynx. C’est l’hypothèse d’un phonéticien, Ivan Fonagy, fin XIXème. Cette thèse a été étendue (= variante) à un niveau plus esthétique en 1884 par le linguiste danois Otto Jespersen, qui estimait que le chant, le plaisir du son mélodieux, avait précédé le langage. Jespersen était persuadé d’une liaison entre le son et le sens.
Qu’il y ait liaison entre le son et le sens, cela nous rapproche de l’onomatopée. Néanmoins, imaginer l’homo erectus fredonnant dans la savane relève d’une imagination un peu osée. Quant à la version « babil enfantin », elle rejoint l’assimilation qui a été faite de l’esprit des « primitifs » à celui des enfants, ce qui est carrément du racisme. Aucune espèce ancienne ne fonctionne comme les enfants de l’espèce descendante, un adulte est un adulte ; et l’homme préhistorique, avec un cerveau plus petit, ne se comportait pas comme un enfant d’homo sapiens, ce qui lui aurait joué bien des tours dans la jungle. Il en est de même du langage, qui se fonde sur la communication, pas sur le jeu
2. Mikhaïl Mikhaïlovitch

Théoricien russe (1895-1975). Le philosophe structuraliste Mikhail BAKHTINE (grand spécialiste de Dostoievski) a enseigné à l’université de Saransk (république de Mordovie, 500 kms à l’Est de Moscou, dans la région de la Volga-Viatka). Il existe d’ailleurs un musée Bakhtine à Saransk. Quelques ouvrages : (1978) : Esthétique et théorie du roman. Paris : Gallimard. (1963) : La Poétique de Dostoievski. Paris : Seuil, 1970. (1929) : Marxisme et philosophie du langage. Paris : Minuit, 1977.
Pour en savoir un peu plus sur Bakhtine
Le dialogue généralisé :
Selon BAKHTINE, le monologue n’existe pas. Toute formulation fait suite à une autre formulation. Tout locuteur est pris dans un système déchanges. Il ne fait que reprendre, modifier, anticiper un autre énoncé (avec quelques marges de manoeuvre permettant d’innover dans ces marges. Il n’y a pas de locuteur isolé.
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3. Avram Noam CHOMSKY

Né à Philadelphie (Pennsylvanie) le 7 décembre 1928, Chomsky est un linguiste éminent, auteur et philosophe politique radical de réputation internationale. "Institute Professor" et professeur de linguistique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, membre de l’Académie nationale des sciences, il s’est vu décerner dix grades honorifiques d’universités de par le monde. En 1988, le Japon lui remettait le Prix des sciences fondamentales de Kyoto qui, du point de vue de son prestige et de sa valeur monétaire (350 000 $) s’apparente au Prix Nobel.
Le premier article de Chomsky, écrit quelques semaines après son dixième anniversaire, est un éditorial sur la chute de Barcelone, qui paraît dans le journal scolaire. Quand Chomsky se lance en linguistique, il rejette toutes les théories alors en vigueur. Ses recherches dans le domaine des structures innées du langage et de la grammaire générative devaient complètement révolutionner la linguistique et influencer profondément des disciplines telles que la psychologie, l’intelligence artificielle, et d’autres.
L’étendue et la profondeur des écrits de Chomsky témoignent du cercle de ses idées, qui embrassent des sujets aussi variés que la guerre et la paix à l’échelle planétaire, ou la complexité de l’intelligence et de la créativité humaines. Il est l’auteur de plus de 30 livres et d’une multitude d’articles. La bibliographie de ses écrits (la troisième à ce jour - sous couverture cartonnée) contient plus de 700 notices ; plus de la moitié de ses oeuvres portent sur des questions politiques. Dans le domaine des arts, des humanités et des sciences sociales, Chomsky est l’auteur vivant le plus souvent cité.
CHOMSKY et la GRAMMAIRE GÉNÉRATIVE : Années 60-70 . Élève de Harris, Chomsky va initier et développer la théorie logique (mathématique) des langages, applicable aux langages informatiques naissants et aux langues naturelles (Structures syntaxiques).
Chomsky est partisan des modèles formels (mise en formules du langage). Il défendune conception dela langue qui remonte à Descartes (rationnalisme) > idée selon laquelle il existerait des universaux du langage, une compétence linguistique universelle (opposée à la performance linguistique) : il existerait une grammaire.
Chomsky invente les notions de structure profonde et structure de surface.
Partisan de l’innéisme (cf. acquis), Chomsky est un idéaliste au sens philosophique du terme (s’intéresser à l’abstrait). Pour lui, la langue est la compétence d’un locuteur idéal (qui aurait une grammaire complète). Ce "locuteur idéal" (abstraction, mythe, objet imaginaire) devrait être capable de formuler des phrases syntaxiquement, morphologiquement, phonologiquement correctes et de se prononcer sur leur caractère acceptable.
Chomsky s’intéresse à ce "locuteur idéal". Martinet s’attache quant à lui à la réalité de la langue au point de travailler sur des notions telles que les "onomatopées vomitives" (de "bah !" à "beurk !")...
Les performances doivent servir à parvenir à la compétence (Chomsky).
Chomsky recherche des structures fondamentales (qui sont en très petits nombres).
"D’incolores idées vertes dorment furieusement" * > La syntaxe est correcte, mais cela n’a aucun sens. Donc, la syntaxe ne suffit pas. (*)Exemple de Chomsky.
"La peur des ennemis" : On a peur des ennemis ? Les ennemis ont peur de nous ? On ne peut décrire une langue en ne prenant en compte que les structures de surface, dit-il. Il est nécessaire de se reporter à la structureprofonde pour lever l’ambiguité. (Alors que selon Martinet, pour lever l’ambigité il faut se reporter au contexte).
Pour Chomsky, donc, lever l’ambiquité c’est trouver une structure profonde. La créativité est l’application des règles génératives. La grammaire (petit nombre de règles) est générative car le propre de la grammaire est de générer un grand nombre d’énoncés.
Règles transformationnelles :
"Paul bat Pierre"
"Pierre est battu par Paul" (1)
"Par qui est battu Pierre ?" (2)
"Pierre ne bat pas Paul" (3)
... Pour Chomsky, les énoncés sont liés aux autres par transformation (succession de règles de transformation) :
1) Règle de transfo. voix active
2) Règle de transfo. forme interrogative
3) Règle de transfo. forme négative ...
Ces règles transformationnelles convertissent la structure profonde en structure de surface.
SEMIOLOGIE
Notion de coupure sémiotique, de rupture, de discontinuité. Cela concerne le rapport arbitraire entre les deux aspecte du Signifiant et du Signifié.
[Saussure] : Il y a dans les langues un rapport conventionnel qui implique une coupure, une discontinuité (St/Sé).
Cf. le pictogramme représentant une balance (signifié) dont le signifiant sera le concept de justice et d’équité.
La rapport entre les deux est un rapport de contiguité et d’analogie.
Opposition Symbole / Signe.
Exemple du code de la route : un système de signes. Certaines formes de panneaux (triangulaires p ex) relèvent de l’analogie, de la ressemblance. Une forme carrée avec en son centre la lettre "P" sera de caractère arbitraire (mais avec une intention car "P" = initiale de "parking").
Coupure sémiotique : entre représentant et représenté il n’y a pas d’analogie. Le lien est de nature arbitraire.
Continuité sémiotique : il y a ressemblance, analogie, entre représentant et représenté.
Dans les expressions non verbales du visage dominent des expressions aux rapports analogiques : il n’y a pas de coupure. Il y a continuité sémiotique.
Le sourire de nouveau-né est un indice (de satisfaction, par exemple). Dans l’indice il n’y a pas de coupure. Cf. des traces de pas qui évoquent les pieds d’un promeneur. Mégot de cigarette = continuité : passage d’un fumeur.
S’il y a convention, il y a rupture. (Ex. un tas de pierres : en comptant le nombre de pierres cela donne une piste...).
Selon LABOV, Une variation en synchronie entraîne un changement en diachronie.
Domaines de Saussure :
système de signes
réalité sociale (mais surtout système de signes).
Pour Labov, prise en compte de la réalité sociale (socio-linguistique).
Labov reprend point par point les assertions saussuriennes. Il fera des enquêtes. Et précisera - entre autres - la variation de certaines prononciations de populations en fonction de leur origine éthnique, culturelle, leur provenance géographique, etc > prise en compte de différents paramètres.
En étudiant ces paramètres, Labov précise des liens entre tel groupe pour telle prononciation, tel autre groupe pour une prononciation différente, etc.
Pour l’instant [synchronie] ça varie d’un groupe à l’autre. Mais plus tard, dans la durée [diachronie], un groupe l’emportera sur un autre : cela deviendra un changement.
On distingue :
La sémiologie de la communication --- (Georges MOUNIN)
La sémiologie de la signification --- (Roland BARTHES)
La sémiologie est l’étude de la nature, des fonctions des signes non linguistiques de la vie sociale.
(Sémiologie = "Semiotic", en anglais).
Saussure préconisait deux disciplines distinctes : la sémiologie (qui serait "englobante") et la linguistique (qui s’occuperait des signes linguistiques).
Le verbal, plus développé que le non verbal, servira de modèle. Or, le non verbal véhicule davantage d’informations !
Actuellement, il y a du symbolique partout. Part prépondérante prise par l’activité symbolique, sémiotique. Donc > Hypertrophie du langage.
Devant une telle inflation de sens, un auteur comme MOUNIN disait "Il faut prouver qu’il y a intention de communiquer", contrairement à BARTHES pour qui tout génère du sens. "Même s’il n’y a pas intention délibérée, il y a intention quand même".
MOUNIN fera des parallèles entre le code de la route et un système de communication alors que BARTHES s’attachera à étudier la manière de prendre des vacances, les revues qu’on lit (discours implicite à mettre à jour) > limite psychanalyse...
La sémiologie de la communication se poursuit de manière discrète.
La sémiologie de la signification est quant à elle très productive (U. ECO, R. BARTHES, ...).
Tout écrit est un objet sémiologique. L’oral est purement linguistique.
Cf. "Mythologies" de R. BARTHES > Analyses de comportements.
Photocopie > "Mythologie" > Astrologie Présentation, dimension économique. Rupture entre ce que l’on croit (domaine onirique) et ce que l’on sait (milieu social, professionnel) de cette réalité. Inventaire d’éléments.
Hétéronomie/Autonomie > la part d’autonomie est inhérente à l’existence humaine. (S’il n’y a pas une part d’autonomie, pas d’activité possible).


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